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Posté par Marion Guillou | 1 année

Virginie Bardales : « J’aime concevoir, inventer, améliorer »

Développeuse membre des Duchess, Virginie est fan de JavaScript et d'agilité. Elle animera une conférence tech sur Angular JS au RemixJobs Day du 28 avril prochain. Interview.

Quel est ton poste ?

Je suis développeuse freelance. Je vis à Noisiel – après Noisy-le-Grand – soit au bout du monde pour beaucoup d’entreprises parisiennes. J’ai le bonheur de pouvoir utiliser le RER A tous les jours avec son exceptionnelle régularité et efficacité (ironie). J’impose donc des horaires de travail limités et stricts, pour pouvoir aller chercher mon fils à la crèche le soir. Du coup, je préfère clairement le télétravail.

Quelle est ta techno de prédilection ?

JavaScript, assurément. J’ai étudié un peu de Java, de C et de C++ à l’école et, au début de ma carrière, j’ai travaillé avec PHP (natif, puis Zend Framework). Quand j’ai commencé à coder en JavaScript, je n’ai vraiment pas aimé. Normal, c’était du jQuery. J’ai ensuite fait du Symfony 2. Quelle horreur ! Je n’ai pas du tout accroché. C’est ce type de framework qui fait que le coût d’entrée pour coder est très élevé. Et puis, j’ai découvert NodeJS. Quelle facilité, quelle puissance ! J’ai adoré. J’ai beaucoup appris au contact d’excellents développeurs, depuis, je cherche à partager moi aussi.

Pourquoi avoir rejoint la communauté Duchess ? Que t’apporte-t-elle dans ta vie professionnelle ?

J’ai eu vent de la communauté pour la première fois il y a moins d’un an. J’animais déjà des conférences et on me demandait souvent si je faisais partie des Duchess. Je me suis donc naturellement rapprochée d’elles. Ayant toujours été attirée par des filières et des loisirs typiquement masculins – et, il faut le dire, assez clichés pour un informaticien, comme les jeux de rôles, les études d’informatique/électronique, ou encore les jeux vidéos – j’ai eu à de nombreuses reprises l’occasion d’expérimenter les différences de comportement explicites ou implicites en fonction du genre, ou de l’apparence, alors que les critères intellectuels priment dans mon travail. J’ai donc tout de suite adhéré à l’initiative des Duchess.

Je suis engagée dans la lutte contre le sexisme ordinaire, contre l’homophobie ordinaire, contre les inégalités homme-femme (on a quand même proposé à Gillian Anderson la moitié du salaire de David Duchovny). Les groupes tels que les Duchess sont nécessaires à cette lutte, jusqu’à ce que l’équilibre s’inscrive dans les moeurs, ce qui est encore loin d’être gagné. Je ne vois donc pas les Duchess comme un plus pour ma carrière professionnelle, mais comme une communauté technique sympathique, grâce à laquelle je peux faire des rencontres intéressantes et enrichissantes.

Tu donnes une conf tech sur Angular JS le 28 avril prochain lors du RemixJobs Day. Es-tu une habituée des conf tech ? Selon toi, en quoi est-ce important pour un développeur d’en donner, d’y assister ?

Je commence à avoir quelques conférences à mon actif, grâce notamment au Meet-up NodeJS Paris. Pour moi, les conférences tech sont fondamentales dans l’informatique. Je suis quelqu’un d’assez occupé : faire de la veille technique, je n’ai pas le temps. Par contre, si quelque chose commence à s’imposer, je dois être au courant. Assister à des conférences technique me permet de me tenir informée, et de rencontrer du monde. Animer une conférence est un exercice différent, très intéressant mais malgré tout difficile. Il faut réussir à cibler l’essentiel sur de petits créneaux, choisir un sujet ni trop ni pas assez technique, pour que tout le monde puisse suivre, surtout le soir après le boulot. J’ai eu quelques déconvenues au début, mais j’apprends de mes erreurs et je m’améliore de plus en plus. 

Que voudrais-tu dire aux lecteurs de DevMag pour leur donner envie d’assister à ta conf ?

Ces deux dernières années, AngularJS était sous les feux de la rampe. Mais depuis quelques temps, depuis l’arrivée de ReactJS en fait, rien ne va plus ; même si l’annonce de la dépréciation d’Angular 1 par rapport à Angular 2 a fait pas mal de bruit. Qui sait de quoi sera fait demain ? React tiendra-t-elle ? Que va-t-il advenir de Polymer, d’Angular 2, ou encore d’Aurelia.io ? Face à cet avenir flou, s’intéresser à AngularJS prend tout son sens : ce framework mal-aimé continue à fournir de bons et loyaux services, sans parler du nombre d’applications qu’il va bien falloir entretenir.

Qu’est-ce que tu préfères dans ton job ?

J’adore changer régulièrement de domaine, et faire preuve d’ingéniosité pour améliorer la vie de chacun. J’aime vraiment concevoir, inventer, améliorer. J’aime aussi travailler en groupe sans être en contact avec la clientèle : l’émulsion est bonne et on créé souvent des liens forts avec son équipe. Enfin, j’adore l’agilité. En tant qu' »artisane » du code, j’ai parfois du mal avec la notion de hiérarchie et de management, ainsi qu’avec les concepts de délai, de ROI, ou encore de coût. Je préfère donner une large visibilité sur mon travail afin de progresser librement, en collaboration avec les autres membres du projet.

Et ce que tu aimes le moins ?

Généralement, les problématiques technico-techniques m’ennuient. L’optimisation par exemple, ça ne m’amuse pas. S’il n’y a pas assez de connexions avec l’opérationnel, je préfère laisser la main à d’autres. Je ne suis pas très fan non plus des environnements contraints et stressants, où il faut que le projet soit fini pour avant-hier, où rien n’est réfléchi, ni bien fait, où tout a vocation à créer de la dette technique. Je préfère largement travailler sur des projets plus gros où le code est fait pour durer, et donc de qualité.

Comment te vois-tu évoluer dans les années à venir ?

J’ai du mal à me projeter dans l’avenir. C’est l’un de mes défauts d’ailleurs. Je pense continuer à travailler entre six mois et un an sur des projets ambitieux et intéressants, peut-être moins d’un point de vue lead dev que d’un point de vue team management.

Quels sont les développeurs que tu admires ?

Il y a trois noms qui me viennent à l’esprit : Quentin Raynaud, Fabien Mauquie et Jean-Laurent de Morlhon. Je ne pense pas qu’ils soient très connus. Quentin Raynaud est l’un des organisateurs du Meet-up NodeJS Paris. C’est le meilleur dev que je connaisse. Il a beau être assez excentrique, il a une passion et une maîtrise de JavaScript fantastiques. Fabien Mauquie est le meilleur dev Angular JS que j’ai rencontré. Il est aussi excellent dans son domaine. À eux deux, ils pourraient développer n’importe quoi.

Quant à Jean-Laurent de Morlhon, j’ai eu beaucoup de plaisir à le rencontrer et à le voir travailler. Moi qui ne me projette pas dans l’avenir, j’ai pu observer ce que je pourrais définir comme mon futur idéal. Et j’aime beaucoup sa personnalité dynamique, son énergie et sa confiance en l’agilité.

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