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Posté par Jean-Baptiste Bonaventure | 4 mois

Oolink : « DevOps n’est pas un poste »

DevOps. Le mot revient souvent, trop peut-être, comme la promesse d’une meilleure productivité et d’une meilleure compréhension entre les équipes. Pourtant, c’est bien d’une philosophie qu’il s’agit.

Chez Oolink, on se refuse à s’adonner aux pratiques des géants du secteur, tant décriées par les développeurs. Pourtant, cette société Versaillaise ne compte pas vraiment sur un environnement « cool » à base de tribus ou de PS4 pour se différencier, mais bien sur des valeurs.

« Nos valeurs cardinales, c’est le partage du succès. Pour nous, le conseil prime sur la vente, ainsi que l’estime et l’importance que nous portons à nos collaborateurs », raconte Vanessa Duhomme, l’une des deux dirigeantes de Oolink. La société compte 42 développeurs travaillant en Symfony, Drupal, iOS, Angular JS, et Node JS ; dont certains avec un sensibilité DevOps. « Oolink a compris depuis longtemps qu’il est impossible d’avoir de l’expérience si personne ne nous donne notre chance. C’est pourquoi nous recrutons énormément de jeunes diplômés, que nous formons et certifions ».

Recruter et faire confiance

C’est cette vision de la collaboration qui a poussé Oolink à développer une façon de recruter bien particulière, comme l’explique Vanessa Duhomme : « Nos missions sont toutes longues, jamais moins de six mois, avec un objectif de bien-être et d’évolution concret pour nos collaborateurs ». Et d’ajouter : « Quatre fois par semaine nous ouvrons nos portes pour des assessment days, afin de rencontrer un maximum de candidats, quels que soient leurs CV, leurs parcours, leurs niveaux d’études. Souvent le CV ne reflète pas la qualité du candidat et nous décelons ainsi de vraies pépites. Aucun recrutement ne se fait sur mission chez Oolink, uniquement sur profil.

Et puis, il y a les formations et les certifications qui sont presque obligatoire chez Oolink ! »

C’est cette approche qui a conduit l’ESN (Entreprise de Services Numériques, anciemment SSII, ndlr), à s’intéresser de plus près à la culture DevOps, et à faire confiance à Yannick Foeillet, « évangéliste » du DevOps, alors même que l’entreprise recrutait déjà des consultants sur le sujet. Aujourd’hui en mission chez Radio France, (en charge de la migration de ses sites vers AWS), il nous raconte sa vision de cette philosophie, qu’il a découvert par hasard.

« Au cours de mes expériences, j’ai toujours cherché à améliorer la manière de comprendre les besoins de chacun, les points de blocage entre les équipes devs et les opérationnelles, qui ont parfois du mal à communiquer. J’ai découvert en DevOps un mouvement qui correspondait à ce que je vivais et ce que je pensais. »

Dans les faits, sa mission prend une forme bien particulière : « Il y a des semaines où je ne touche quasiment pas à la technique, mais où je creuse, je parle avec les gens, j’essaie de comprendre ce qui ne va pas et pourquoi ça ne va pas. D’autres semaines au contraire, je fais beaucoup de technique, je m’occupe de l’outillage, pour l’automatisation notamment », décrit-il.

DevOps, une culture et des hommes

Pour Yannick Foeillet, le DevOps, c’est « une culture, des process et des hommes, mais pas un poste”. En bon évangéliste, il considère même que le mot est aujourd’hui extrêmement galvaudé, voire vidé de son sens par le marketing et certaines SSII.  

C’est pour éviter cet écueil que Yannick participe désormais à tout recrutement impliquant du DevOps chez Oolink.

L’empathie au coeur de DevOps

Et pour détecter cette sensibilité, l’évangéliste se base essentiellement sur l’empathie qu’il détecte, ou pas, chez les candidats qu’il rencontre. Il explique : « Je leur propose des scénarios absurdes car j’ai besoin de savoir comment ils réagissent dans des situations complexes. On ressent très vite si quelqu’un essaie de se mettre à la place de l’autre ou pas. Et si c’est le cas, c’est un fort déclencheur.

En général, ce n’est pas quelque chose sur lequel on peut grandir, on ne se met pas à être empathique du jour au lendemain. Par contre, les candidats ne savent pas toujours eux-mêmes qu’ils ont ce potentiel. On le découvre en leur posant les bonnes questions. »

Qui a dit que la technologie tuait l’humain ?