©slack
Posté par Marion Guillou | 2 années

La recette du succès de Slack, selon Andrew Wilkinson

Rétrospectivement, la recette du succès a toujours l'air simple. Celle de Slack n'échappe pas à la règle.

Ceci est une traduction de l’article « Slack’s $2,8 billions dollars secret sauce » d’Andrew Wilkinson sur Medium

« C’est quoi votre secret les mecs ? Qu’est-ce que vous faites de si spécial ? » me demande ce jour-là un prospect. Cette question, cela fait deux ans qu’on me la pose tous les jours. Clients, investisseurs, designers, tous veulent comprendre le succès de Slack, la start-up valorisé 2,8 milliards de dollars, aux 5 à 10 % de croissance par semaine, et aux quelques 200 000 utilisateurs à travers le monde.

Lire : Slack, la start-up à 2,8 milliards de dollars qui dynamite la communication en entreprise sur LeFigaro.fr

Pourquoi me pose-t-on la question à moi, Andrew Wilkison ? Car je dirige Metalab, une agence de design dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler (nous aimons la discrétion) mais dont vous connaissez forcément, sans le savoir, un des produits. En 2013, c’est à Metalab que Slack a fait appel pour transformer son prototype en produit fini. Nous avons conçu le logo, le marketing, le site web et les applications mobile, en six semaines chrono.

En dix ans de business, Slack est, sans l’ombre d’un doute, notre plus gros succès. Et pourtant, nous avons travaillé avec un paquet de grands comptes.

Genèse d’un succès

Tout a commencé en juillet 2013 : je reçois un mail de Stewart Butterfield. En bon fan de Flickr (qu’il a cofondé puis vendu à Yahoo), je reconnais immédiatement son nom. Il m’explique qu’il vient de laisser tomber Glitch, le jeu vidéo sur lequel il travaillait depuis 2009, et qu’il prépare quelque chose de nouveau : un chat. Il veut que Metalab s’occupe de son design.

Je râle intérieurement. Nous sommes à l’époque de fervents utilisateurs de Campfire – après avoir testé nombre de ses applications concurrentes. J’ai le sentiment que le marché est déjà saturé et qu’il sera difficile de se démarquer avec un nouveau produit. Mais bon, je suis content d’avoir l’opportunité de travailler avec Stewart, d’autant plus que nous vivons tous les deux sur la côte ouest. L’affaire est donc conclue, nous allons travailler ensemble. Le prototype de Slack que nous recevons alors ressemble à la version bâclée d’un client web IRC. Six semaines plus tard, nous avons entre les mains le meilleur produit de toute notre carrière. Comment avons-nous fait ?

Chercher à expliquer rétrospectivement pourquoi quelque chose a marché, c’est un peu comme essayer de décrire le goût de l’eau.

Nous avons toujours travaillé de la même manière : la tête dans le guidon jusqu’à ce que le produit nous semble satisfaisant. C’est ce que nous avons fait pour Slack. Il n’y a pas de formule magique. Quand les gens parlent de Slack, ils disent souvent que cet outil est « fun ». En l’utilisant, ils n’ont pas l’impression de travailler. Pourtant, quand vous regardez sous le capot, il ressemble à n’importe quel autre chat. Vous pouvez créer une discussion, y inviter des gens, partager des fichiers, chater en groupe ou en messages privés.

Pourquoi Slack a l’air différent

Pour nous faire remarquer sur un marché saturé, il nous fallait marquer l’esprit de nos utilisateurs. Nombre de softwares d’entreprises sont restés bloqués dans les années 70, réutilisant à l’infini des bleus et des gris bien neutres. Pour le logo de Slack, nous avons donc choisi un canon à confettis plein de couleurs : bleu électrique, jaune, indigo et vert ; autrement dit, les codes couleurs d’un jeu vidéo, pas d’un outil d’entreprise.

Vous avez sans doute déjà expérimenté cette sensation, en entrant quelque part, que tout ce qui vous entourait était juste incroyablement cheap. Les plafonds trop bas, les portes trop étroites, les matériaux bas de gamme : vous auriez pu faire la liste de tout ce qui n’allait pas, mais c’est un sentiment instinctif de malaise qui vous a envahi. Tout comme les architectes, les mauvais ingénieurs bâtissent des logiciels sur lesquels vous vous sentez mal, les bons conçoivent des produits sur lesquels vous vous sentez bien.

Utiliser Slack, c’est comme entrer dans une maison design conçue pour votre bien-être.

Quand j’étais petit, j’adorais les burgers de chez White Spot. Cette entreprise était au départ une simple cabane à côté d’un stade de baseball. Au cours des 85 dernières années, elle s’est développée au point de devenir une énorme franchise avec des points de vente partout au Canada. Le clé de son succès ? Sa sauce secrète, la « Triple-O ». Je suppliais toujours mes parents d’aller dîner chez White Spot, jusqu’à ce que mon père me propose de faire des burgers nous-même, en ajoutant : « tu sais que cette sauce, c’est juste de la mayonnaise, du ketchup et des épices ? » Il avait raison. N’importe qui pouvait la faire, les ingrédients étaient connus de tous, faciles à trouver : la réussite de la sauce n’était qu’une simple question de dosage. La recette secrète de Slack est la même. Le dosage est subtil, mais Hipchat et Campfire pourraient développer les mêmes fonctionnalités sans problème. Ces derniers mois, les concurrents de Slack l’ont d’ailleurs bien compris. Seulement, après coup, les regarder copier Slack, c’est un peu comme regarder votre oncle apprendre la macarena. C’est juste trop tard.

Suivre Andrew Wilkinson sur Twitter

  • alefeuvre

    Merci pour votre traduction, Marion. Je trouve qu’Andrew Wilkinson y va un peu fort en attribuant le succès de Slack à son design (en même temps, il prêche pour sa paroisse !). Selon moi, la capacité de Slack à se positionner comme LE tableau de bord d’une entreprise, au centre de tous les outils qu’elle utilise, est bien plus important que la seule interface.

    Je profite de ce commentaire pour vous présenter un nouveau service pour Slack que nous venons de lancer : Clubble.io. Son objectif est de faire le pont entre une team Slack et ses clients ou partenaires utilisant
    l’e-mail. D’un côté comme de l’autre, personne n’a à changer d’outil,
    notre solution se veut le plus « indolore » possible. N’hésitez pas à tester http://clubble.io, votre feedback nous intéresse !