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Posté par Marion Guillou | 2 années

« J’ai appris à coder dans un boot camp et je suis dev dans la Silicon Valley »

Il y a à peine un an, Louis n'avait encore jamais codé. Aujourd'hui, il est web dev dans une start-up de la Silicon Valley. Interview d'un petit français qui n'a pas froid aux yeux.

Où vis-tu ?

Dans le très cool quartier de Mission, à San Francisco.

Ton poste ?

Je suis web développeur.

Ton parcours ?

Je suis encore étudiant à HEC, en césure depuis 18 mois. J’ai découvert le milieu de l’entrepreneuriat lors d’un stage au sein de l’accélérateur de start-up Le Camping à Paris.

J’ai ensuite fait Le Wagon, suivi d’un stage de trois mois en tant que web développeur chez Kudoz, et enfin, je suis parti le 16 septembre 2014 à San Francisco pour un poste de web développeur dans une start-up nommée Compass.

Pourquoi as-tu choisi de devenir dev ? 

Premièrement, grâce à mon stage au Camping. Je me suis découvert une passion pour les problématiques « produit »: product management, UX, design… J’ai donc naturellement eu envie de m’intéresser à la partie technique de ces produits digitaux. J’avais, de toute façon, toujours voulu acquérir des compétences techniques dans un domaine technologique.

Pour moi, apprendre à coder en 2015, c’est comme apprendre à lire dans les années 1800 : c’est embrasser l’avenir et ne pas le subir.

Deuxièmement, à l’époque où j’ai commencé à me chercher un stage à San Francisco parallèlement à ma formation au Wagon, j’ai réalisé qu’il était bien plus facile de se faire embaucher en tant que dev que pour un poste de marketing ou de product ; du coup j’ai commencé à dire que je cherchais un poste de dev !

Si apprendre à coder m’a semblé naturel, le fait de travailler comme dev est davantage le fruit de l’opportunisme.

Pourquoi as-tu choisi Le Wagon pour apprendre à coder ?

J’ai rencontré Boris (Paillard, CEO du Wagon, ndlr) au Camping pendant mon stage, quelques mois avant la première saison du Wagon. Quand j’ai entendu parler de leur projet, j’ai tout de suite voulu être l’un de leurs premiers élèves. Aussi simple que ça. J’étais au milieu de ma première année de césure, je voulais apprendre à coder, un programme intensif de deux mois m’a semblé idéal.

Quels ont été les points forts de cette formation ?

Ce que j’ai adoré dans l’expérience boot camp, c’est le pragmatisme de la formation. On apprend les bases techniques, mais aussi les bonnes pratiques, les bons réflexes, nécessaires pour devenir un développeur sérieux.

En fait, on apprend à apprendre. Être capable d’apprendre vite quelque chose que l’on ne connaît pas est au coeur du métier de programmeur.

De plus, l’idée étant de prendre des débutants et de les amener à un niveau autonome, le programme est focalisé sur l’essentiel. Pour quelqu’un comme moi, issu du système prépa, le format « cours intensif full time » fonctionne très bien et permet d’apprendre vite.

Les points faibles ?

Dans ma promo, l’émulation et le niveau général n’étaient pas incroyables. Mais je pense que cela a évolué ces dernières saisons et que l’apprentissage est désormais plus collaboratif.

Rétrospectivement, j’aurais aimé que la formation inclue les thèmes demandés en entretiens pour les postes de dev aux États-Unis. Mais je sais que ça ne correspond pas au positionnement du Wagon.

Comment as-tu trouvé un poste suite à ton boot camp ?

Par moi-même, après des dizaines d’heures passées à envoyer des mails, sur plusieurs semaines. Pour moi, Linkedin, AngelList et les mails sont les meilleurs outils.

Trouver un poste de dev à San Francisco depuis Paris quand tu ne connais personne sur place, que tu viens d’une école que personne ne connait là-bas et que tu codes depuis quatre mois, c’est difficile, et ça demande de s’y mettre très sérieusement et sans baisser les bras. Mais ca vaut TOTALEMENT le coup.

Comment t’es-tu retrouvé dans la Silicon Valley ?

Dès le début de ma césure d’HEC en septembre 2013, j’avais envie de découvrir San Francisco dans le cadre d’un stage. Le Wagon a été le moyen d’y arriver dans des conditions extrêmement favorables.

Ton expérience de frenchie à San Francisco ? 

Je suis étudiant, donc j’ai pu avoir un visa stage facilement, de 18 mois maximum. Pour un visa plus permanent, c’est plus compliqué, mais faisable. Je ne connais pas les détails, mais 70 % des développeurs ici sont étrangers (c’est la vraie stat) donc c’est courant.

Les points forts de San Francisco ?

La ville est très chère, mais si tu es développeur, même sans expérience, même après un simple boot camp, tu es très bien payé.

Dans ces conditions, c’est vraiment une ville incroyable : pour faire la fête (c’est la ville de Burning Man après tout!), pour l’art, le sport, les activités en plein air, on peut tout faire. Il y a la plage et le soleil, le ski à trois heures, le ciel toujours bleu, des parcs naturels gigantesques par dizaines. C’est le paradis ici.

Quelles sont tes langages préférés ?

J’ai commencé avec Ruby on Rails et c’est la principale techno avec laquelle j’ai bossé pendant six mois, donc j’y suis attaché. Il y a trois mois cependant, on a commencé à refaire toute notre plateforme sur un stack Sinatra et Angular, et j’adore ce dernier framework

Dans quel(s) domaine(s) te vois-tu évoluer dans les années à venir ?

À terme, je me vois entrepreneur d’une start-up qui cartonne. Il faut donc que je crée une boîte, et c’est exactement ce que je vais faire. Je suis content d’avoir appris a coder, je vais continuer à apprendre, mais j’ai donné ma démission et je rentre en avril a Paris pour monter une start-up… de formation au code en ligne!

L’idée est très simple: s’inspirer largement de la pédagogie des boot camps comme Le Wagon et ses grands frères américains (Dev Bootcamp, HackReactor….), et la traduire en ligne pour la diffuser à tous. À ce jour, il n’existe aucune formation en ligne qui permette vraiment d’apprendre à coder, même en amateur. Toute l’offre en ligne s’adresse à des développeurs qui forcément savent déjà coder, ou omet des points essentiels tels que les bonnes pratiques, le set-up de son environnement et de ses serveurs, etc.

Avec mon associé, nous souhaitons rendre l’apprentissage du code le plus simple et le plus pragmatique possible, afin de diffuser cette compétence au plus grand nombre et ainsi aider les gens à aborder le XXIème siècle avec confiance et optimisme!

Ta journée type ?

On est quatre dans l’équipe de dev de Compass : le CTO, un dev senior avec qui je bosse beaucoup et un autre dev junior comme moi.

J’arrive vers 9 heures 30 le matin, trois fois par semaine, je vais à la gym vers midi et je reviens vers 14 heures 30 (mes boss vont aussi courir une heure au milieu de la journée, c’est très courant ici). Je pars entre 18 heures et 19 heures 30 selon le taf, dans les faits je reste rarement jusqu’à 19 heures.

Pour le workflow, on utilise un outil de product management agile : Jira.

Bon et puis c’est une start-up, alors on rigole pas mal aussi !

De quels app/logiciel ne pourrais-tu pas te passer au quotidien ?

Pour mon boulot, rien d’original: Github et SublimeSlack pour la communication interne. On utilise aussi des services comme logentries, Jenkins, et AWS.

Plutôt du matin ou du soir ?

Je ne sais pas si je suis du soir, mais je ne suis clairement pas du matin. L’avantage c’est qu’ici, on a le choix : on fait les horaires qu’on veut.

Un conseil pour les apprentis dev qui nous lisent ?

Pour quelqu’un qui cherche à apprendre le code par lui-même (en ligne) ou rapidement (dans un boot camp), je conseille de trouver dès que possible un stage comme dev et de passer 8-12 mois (voire plus, ce sera jamais trop) à coder full-time, histoire de vraiment progresser et d’atteindre un niveau confortable.

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  • Florian B

    Super parcours. Ça fais 2 ans que je dev non stop (avec les études puis chez moi sur des projets perso) et c’est pour moi un rêve d’être dev à la silicon valley. Cet article montre que c’est possible et redonne du courage !

  • http://quickies.media quickiesmedia

    super article ! je suis bien content d’avoir commencé à dev en 2000 à la fac :)

    et en plus ruby on rails est ma passion ! je dev avec en auto formation depuis 2011, que du bonheur :)

    petit instant promo (l’admin pourra supprimer si besoin), je me suis lancé dans la création de formation en rails il y a quelques mois avec un premier contenu sur « comment transformer rails en machine de guerre webmarketing », programme ici => http://rubyrails.ninja/webmarketing

    du lourd, notamment avec la publicité programmatique sur laquelle je ne vois que très peu de contenu technique