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Posté par Jean-Baptiste Bonaventure | 3 mois

Immersion au coeur de l’équipe R&D de Deezer

DevMag a rencontré le Lead Research Scientist de Deezer. Il nous dit tout sur son job.

La concurrence est rude sur le marché mondial du streaming musical mais, depuis presque dix ans, le français Deezer y a incontestablement trouvé sa place. Pour autant, la course à l’innovation fait toujours rage dans le secteur et notre fleuron national met tous les atouts de son côté pour en être l’un des principaux acteurs. Et c’est Manuel, à la tête d’un service R&D composé de quatre chercheurs, les research scientists, et deux développeurs, les software engineers, qui impulse l’innovation chez Deezer.

« Notre service a vraiment une double casquette. D’une part, la casquette recherche, qui nous conduit à faire de la recherche fondamentale assez pointue à propos de l’état de l’art (état des connaissances dans un domaine de recherches donné à un instant donné, ndlr) dans les nombreux domaines sur lesquels nous travaillons. Et puis, il y a l’autre casquette, un rôle de prototypage, d’interface avec les équipes de production, de passage à l’échelle, de réimplémentation, etc. C’est pour ça qu’on a recruté des développeurs dans l’équipe R&D, et leur rôle est fondamental. »

Le rôle central des développeurs

Et pour cause, passer d’une idée pensée dans un laboratoire, même par des gens très au fait du code, à quelque chose d’utilisable, n’est pas toujours simple.

« Il y a deux ans, il n’y avait pas encore de dev dans le département et nous rencontrions parfois des difficultés à convaincre les équipes produit et les équipes de production d’adopter une méthode que nous mettions en oeuvre. Il ne suffit pas de créer un prototype dans une techno que personne n’utilise pour y parvenir. Les devs permettent que ce prototype soit aussi proche que possible de ce à quoi on pourrait arriver, et donc à convaincre les équipes qu’elles pourront l’implémenter. »

Manuel, lui, est le chef d’orchestre. Passionné de musique, son cursus académique – Supélec, master à Paris VI, thèse à Télécoms Paris Tech et Jussieu, puis deux ans dans des laboratoires parisiens –  lui permet d’avoir une vision à 360° de ce qui se fait de mieux dans les laboratoires privés et publiques. Maîtrisant aussi de nombreux langages, il se doit de faire en sorte que les relations humaines fonctionnent et que les besoins de chacun soient comblés.

« Moi, mon boulot, c‘est que les chercheurs aient les moyens de faire de la recherche au niveau de l’état de l’art, comme dans les plus grands labos du monde que sont Google, Facebook, etc.; tout en m’assurant que leur travail puisse se retrouver dans le produit Deezer via des transferts de connaissances, de l’implémentation, du test. En gros, d’accompagner tout le processus depuis la recherche jusqu’au passage en production sur des technologies de pointe. D’ailleurs chez Deezer la R&D est intégrée à l’équipe Produit. »

Et de poursuivre : « On est obligés d’être assez souples sur les langages, car si on veut comprendre en détails le code d’un chercheur ou d’une équipe étrangère, sans tout réimplémenter à chaque fois, il faut toucher un peu à tout.  » 

Esprit startup et culture tech

Même si Deezer a grandit, l’esprit original, un peu start-up, perdure, et ce tout particulièrement au sein de l’équipe R&D. « On ne s’interdit pas de travailler sur des choses qui pourraient paraître impossibles. On reste dans une optique technique, un peu dev, un peu hack. La culture tech est encore très forte, surtout au niveau de l’autonomie » affirme Manuel.

« En interne, nous avons un programme qui consiste à organiser des Tech Workshops, c’est à dire des cours sur une techno ou un sujet que l’on maîtrise. Comme le Machine Learning sur lequel on bosse beaucoup et sur lequel on est souvent interrogés. Jusque là, on s’était limité à des présentations internes, mais avec un workshop on peut prendre le temps de montrer comment coder un réseau de neurones et que des gens puissent venir faire ça avec nous. »

Et la logique fonctionne aussi dans l’autre sens.

« Étant issus du circuit universitaire et académique, on a l’habitude de faire de la veille, on sait quelles sont les revues à lire, les blogs à suivre, etc. Mais en interne, on nous transmet beaucoup de choses, des dépôts sur Github, un article de revue ou juste une info sur une nouvelle techno. C’est un réflexe pour beaucoup de gens ici et ça nous évite de rater certaines choses. »

Lire aussi : Deezer, un pas de plus vers le « Happy at work »

Ne s’attendre à rien

Et pour cause, rester à la pointe de l’innovation sur un marché aussi concurrentiel nécessite une veille permanente et une grande souplesse intellectuelle. Des éléments qui, selon Manuel, sont essentiels pour travailler chez Deezer.

« Je crois que ce qui est important, c’est de se rendre compte qu’il ne faut s’attendre à rien car tout évolue très vite. De nouveaux devices, technos, langages peuvent apparaître tous les jours et Deezer devra s’adapter très vite. Il faut donc être prêt à sauter dans l’inconnu. Il faut un esprit aventurier. »

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Mur signé par les artistes lors des « Deezer Sessions » © Deezer

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