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Posté par Jean-Baptiste Bonaventure | 7 mois

Garage 56 : il ne suffit pas d’être bon dev pour réussir

De nombreux développeurs arrivent sur le marché de l’emploi sous-formés et incapables de se vendre à une entreprise. Un constat accablant dont le Garage 56 a fait son cheval de bataille.

Le Garage 56 s’adresse aux développeurs professionnels ou qui viennent de finir leurs études”, résume Sébastien Bianchi, fondateur du Garage 56 et professeur en chef de cette formation hors circuits traditionnels. Tout de suite, on se demande pourquoi : pourquoi former des pros et des diplômés qui, précisément, ne devraient pas en avoir besoin ? Pour Sébastien le constat est très simple : “Le plus souvent, ils ont fait des langages lourds, ont bossé sur des softs internes, du progiciels, etc. Mais depuis leurs débuts, les technos ont évolué, de nouvelles sont sorties, et eux, ils n’ont pas eu le temps de faire de veille. Du coup, leur CV perd énormément de valeur et ils sont perdus”.

Ça, c’est pour les pros. Mais pour les jeunes diplômés aussi, la situation est peu glorieuse. “Quand ils sortent d’école, beaucoup de jeunes ont peur car ils ne savent pas faire grand chose. À l’école, on leur inculque un savoir généraliste, ils approchent 7 ou 8 langages mais n’en maîtrisent aucun. Ils ne connaissent même pas leur design patterns. Or, quand un employeur recrute, il a besoin de quelqu’un d’opérationnel, qui sache déjà bosser”, explique Sébastien.

Un sas de professionalisation

Et d’ajouter : “C’est là qu’on intervient. Ici, c’est une sorte de sas de professionnalisation. Quand ils sont prêts, ils partent en mission”.  Pour mener à bien cet objectif, le Garage 56, soutenu par la SSII Digital & You, évite les écueils des écoles traditionnelles ou innovantes. Avec des promotions de 5 à 10 personnes, l’enseignement consacré à JavaScript est ultra personnalisé et met l’accent sur le savoir-faire concret. “C’est un mélange de « phases à la spartiate », seul devant un objectif, et de cours par l’exemple”, résume Martin, un ancien de l’Efrei. “On ne fait pas juste des exercices. Très vite, on travaille sur un projet à livrer avec une vraie méthodologie, des clients et la responsabilité de l’ensemble de la chaîne”, complète-t-il.

En tout, les élèves sont en incubation quatre heures par jour pendant un minimum de six semaines. Et surtout, ils sont engagés en CDI avec un salaire adapté à leur expérience et leur vie personnelle. Pour Pierre-André, diplômé de l’école 42 après des années dans la restauration, cela représentait une belle opportunité. “Le cursus de 42 nous laisse assez libre, mais je n’avais pas acquis les bonnes pratiques. Garage 56 était le complément parfait”. Pourtant, il avoue avoir été perdu durant la première semaine de formation.

Du code mais surtout le reste

Si la formation technique apportée aux étudiants-salariés du Garage est fondamentale, Sébastien estime qu’elle ne suffit pas à en faire des professionnels aboutis. Au risque d’alimenter les clichés, il n’hésite pas à soulever les problèmes de communication, de travail en groupe et d’auto-promotion dont souffrent beaucoup de développeurs. “Je sais de quoi je parle, j’étais comme ça. Le truc, c’est qu’ils font des choses géniales qui leur semblent normales, tout en ayant une certaine aversion pour le commercial : se vendre c’est sale.« 

Profil atypique d’ancienne directrice d’accueil de loisirs pour mineurs, Cécile a bien conscience de l’importance d’outrepasser ce type d’obstacles : “Évoluer aussi proche des conditions en entreprise est un véritable atout. Ça permet d’acquérir le bagage nécessaire pour se fondre dans le milieu, et donc pour se vendre”. Pour les équipes du Garage 56 et de Digital & You, il faut souvent repartir des basiques. “C’est affligeant de voir la qualité des CV, sur 40 ou 50, il y en a peut-être un seul de vraiment utilisable. Et ça peut nous prendre jusqu’à 3 heures, juste pour le remettre droit !”, s’exclame Sébastien. Du coup : “C’est Renaud Granier, co-fondateur de Digital & You, et les commerciaux qui nous aident à améliorer notre façon de présenter nos profils”, explique Martin. Sébastien fait également en sorte que le Garage 56 soit un lieu convivial et festif, pour que les dev puissent se lâcher et ainsi travailler l’aspect social de leur profil.

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© Garage 56

Enfin, et peut-être surtout, il y a la capacité à travailler en équipe et la veille technologique, deux qualités fondamentales à tout développeur voulant aller loin. Et Sébastien de conclure : “Les vrais bons dev, ceux qui casseront la baraque, sont loin du cliché du hacker surdoué. Par contre, ce sont des gens qui peuvent passer 30 000 heures sur un programme et qui bouffent de l’info. Sans veille, tu peux bousiller ta carrière.”

Intéressés par le concept ? Pour rencontrez les équipes de Garage 56 et faire peut-être partie de leur prochaine promo, rendez-vous le 19 octobre prochain de 17h à 21h au RemixJobs Day.