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Posté par Marion Guillou | 1 année

EXCLU : l’interview du Meilleur Dev de France 2016 !

Il s'appelle Clément Beauseigneur, a 21 ans, est encore étudiant, et le 14 mars dernier, il a décroché le titre controversé mais non moins mérité de Meilleur Dev de France.

L’édition 2016 du Meilleur Dev de France a fait grincer des dents bon nombre de participants. Entre problèmes techniques, manque évident de confort, et sur-médiatisation pas toujours très orientée dev, il y avait de quoi perdre son sang-froid !

Lire aussi : Meilleur Dev de France 2016 : erreur 503

Le mérite n’en est que plus grand pour le vainqueur de ce concours : un étudiant en informatique à l’ENS Cachan de seulement 21 ans, Clément Beauseigneur. Tout comme Antoine Leblanc, vainqueur en 2015, il a choisi de se frotter aux épreuves avec le langage Python. Interview.

Pourquoi avoir participé au Meilleur Dev de France ?

Je fais partie de Prologin, une association étudiante qui organise un concours d’informatique pour les moins de 20 ans. Comme plusieurs membres participaient au Meilleur Dev de France, j’ai décidé de m’inscrire moi aussi ! Je me suis inscrit en solo et c’était ma première participation. 

Pourquoi le choix de Python ? 

J’ai choisi de coder en Python 3 car c’est un langage très adapté aux concours où la vitesse est de mise.

Faisais-tu partie de la première ou de la deuxième session du concours ? 

De la deuxième session.

Qu’as-tu pensé de l’organisation du concours ? Beaucoup de développeurs ont déploré le manque de confort (ordi sur les genoux, wifi en panne, bugs sur le site d’Isograd), la sur-médiatisation de l’événement et la difficulté d’accès au Théâtre…

J’ai l’habitude de coder sur les genoux, donc ça ne m’a pas dérangé. Par contre, la salle était handicapante pour ceux qui n’avaient plus beaucoup de batterie (pas de prise), et ils étaient nombreux à cause des retards pris par les épreuves.

Comme de nombreux autres candidats, j’ai été victime des problèmes de connexion. C’est seulement 10-15 minutes après le début de l’épreuve que j’ai pu accéder à l’énoncé, alors que je pouvais en voir d’autres se mettre à coder dès les premières minutes. Je ne saurais pas dire si c’était de la faute du wifi ou de la plateforme. Mais c’est scandaleux pour un concours d’une telle ampleur, où les qualifications se basent principalement sur la rapidité des candidats à coder les deux premiers exercices ; des exercices qui, pour un codeur expérimenté, se résolvent en moins de 10 minutes. J’ai d’ailleurs été extrêmement chanceux, car je suis le dernier qualifié de la deuxième session. J’ai passé cinq minutes sur les premiers exercices, sans même déboguer.

Quant à l’accès au théâtre, je n’ai pas eu de problème, mais je connais quelqu’un qui s’est retrouvé bloqué dehors, et qui a fini par rentrer chez lui, lassé d’attendre.

Comment as-tu trouvé l’ambiance du concours entre développeurs ? Étais-tu l’un des plus jeunes ?

L’ambiance entre développeurs étaient vraiment bonne, on était tous solidaires face aux problèmes rencontrés. Je faisais en effet partie des plus jeunes, même s’il y avait plus jeune que moi : un jeune homme de 17 ans a notamment participé à la phase finale.

Qu’as-tu pensé des épreuves en elles-mêmes ? 

Les exercices étaient globalement bien présentés, ce que j’ai apprécié. Je déplore cependant le fait que certains d’entre eux – le premier exercice de la finale par exemple – demandaient d’implémenter un algorithme connu, ce qui relève davantage de la connaissance des algorithmes que de l’intuition du codeur.

Comment t’y es-tu pris pour résoudre le problème final ? Peut-on voir ton algo ?

On peut trouver mon code sur le site d’Isograd : c’est la solution en Python 3 du dernier exercice.

J’ai assez rapidement eu l’intuition de la manière de résoudre le problème. Comme les connexions entre ordinateurs définissaient un arbre, et qu’il était demandé un algorithme en temps linéaire par rapport au nombre de sommets, j’ai compris qu’il fallait trouver une manière de parcourir l’arbre pour arriver au résultat demandé.

Que représente pour toi le titre de Meilleur Dev de France ?

Ce n’est pas un titre que je m’approprie beaucoup. J’ai certes la capacité de coder rapidement, d’avoir de bonnes intuitions et de bonnes connaissances générales en algorithmique, mais ça ne suffit pas à faire de moi un bon développeur.

Que vas-tu faire des 10 000 euros que tu as gagné ?

On me pose beaucoup la question, mais je ne sais pas encore. Les mettre de côté dans un premier temps.

Tu es un habitué des concours de code : qu’est-ce que tu aimes dans ces challenges ?

J’ai l’esprit très compétitif. Je connais aussi beaucoup de personnes qui aiment autant l’algorithmique que moi, du coup, on se motive ensemble pour préparer ces concours. On a justement un club d’algorithmique à l’ENS Cachan.

Quels sont tes langages de prédilection ?

Ça dépend de ce que je fais. J’aime en général beaucoup coder en Python, pour réaliser facilement de petits scripts. Mais quand il s’agit de plus gros projets, je préfère le C++ ou le Java.

Comment te vois-tu évoluer professionnellement une fois tes études terminées ? Quel serait ton poste idéal ?

J’envisage de continuer dans l’algorithmique, pourquoi pas dans la robotique, qui m’attire particulièrement. J’aimerais bien faire de la recherche dans ce domaine. Je n’ai pas d’idée de poste idéal, j’aime beaucoup de choses. Ce que je souhaite avant tout, c’est rester passionné par ce que je fais.

Un conseil pour les développeurs qui voudraient tenter leur chance l’année prochaine ?

Si le type d’exercices ne change pas, entraînez-vous sur des plateformes telles que Prologin. Les exercices de qualification et de demi-finale en archive (2002 à 2016) sont exactement dans le même esprit et le même format que ceux tombés au Meilleur Dev.

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