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Posté par Marion Guillou | 1 année

Dossier du mois : devenir développeur, plus facile à dire qu’à faire !

Alors que paraissent les premières failles de la Grande Écoles du numérique, certains s'efforcent de les combler. C'est le cas de Sébastien Bianchi et de son "Garage 56" : un sas entre l'école et l'emploi.

Il y a quelques mois, DevMag vous invitait dans les coulisses de la Grande École du numérique : ces formations destinées à pallier la pénurie de développeurs que rencontre la scène tech, tout en assurant un emploi à une génération marquée par les ravages du chômages. Seulement voilà, devenir développeur, c’est plus facile à dire qu’à faire. Si nombre des formations labellisées Grande École du numérique se targuent de l’employabilité de leurs élèves, force est de constater que, sur le terrain, même les recruteurs prêts à donner leur chance à des profils atypiques remarquent que lesdits profils ne passent que très rarement la barre des tests techniques.

Ce problème n’est d’ailleurs pas l’apanage de la Grande École du numérique, puisque les développeurs junior affichant un palmarès plus classique n’échappent pas aux lacunes une fois sur le marché du travail. « Je ne compte plus le nombre de jeunes diplômés incapables de faire une simple boucle for ! » confiait récemment à DevMag Sébastien Bianchi, développeur confirmé ayant plus d’une fois endossé la casquette de recruteur.

Lire aussi : Sébastien Bianchi : « La mentalité française sur les développeurs doit évoluer une bonne fois pour toute »

L’idée n’est pas pour autant de remettre en question la légitimité des écoles d’ingénieur – bien qu’il serait appréciable que certaines d’entres elles mettent un peu leurs programmes à jour – ni celle de la Grande École du numérique : elles répondent à un besoin  de formation grandissant et bien réel. Non, il s’agirait plutôt de constater l’existence d’un chaînon manquant entre l’école et l’emploi. Les métiers du numérique ne sont d’ailleurs pas les seuls à être concernés par ce problème, mais ceci est un autre sujet.

Un sas entre l’école et l’emploi

La pénurie de développeurs, l’appétence de l’industrie du numérique pour leurs compétences, et l’esprit disruptif qui anime nombre de ses acteurs, sont autant d’ingrédients propices à la création d’un intermédiaire entre la formation – quelle qu’elle soit – et le marché du travail. Autrement dit, d’un sas destiné à faire le pont entre l’école et l’emploi. Le premier du genre sur le territoire français pourrait bien s’appeler Garage 56, une initiative signée Sébastien Bianchi, associé pour l’occasion au cabinet de conseil et de recrutement Digital & You. « Garage 56″, en hommage aux garages qui ont vu naître quelques géants du numérique – comme Apple, et aux 56K des débuts d’internet.

Sébastien Bianchi n’en est pas à son coup d’essai. En 2015, ce passionné de code – tout particulièrement d’Angular – s’est essayé au concept au sein d’une SSII (DevMag vous en parlait d’ailleurs ici), prêt à donner à ces entreprises à la si mauvaise réputation une seconde chance. Finalement peu convaincu par l’expérience, et décidé à se tenir désormais éloigné de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une SSII, il vient de créer « Garage 56″ qui recrute actuellement sa première promotion.

Payés pour apprendre

Concrètement, le principe est le suivant : les développeurs sont recrutés en CDI pour être formés (oui, vous avez bien lu, il ne s’agit pas d’une formation gratuite, encore moins payante, mais bien payée) pendant deux mois aux technos réellement utilisées sur le marché du travail ; ainsi qu’aux bonnes pratiques qui feront d’eux des candidats efficaces dès l’embauche. Garage 56 s’engage ensuite à les placer au sein des meilleurs entreprises possible, à les aider à éviter les écueils du travail en freelance s’ils souhaitent se lancer à leur compte, ou encore à les garder pour bosser sur différentes missions.

Lire aussi : pour en savoir plus sur Garage 56. 

Où est le piège me direz-vous ? L’offre ne semble-t-elle pas trop alléchante ? S’il est évident que Garage 56 se rémunère quelque part – comme un cabinet de recrutement, en plaçant ses élèves ; la bienveillance apparente et contagieuse de Sébastien Bianchi pousse à croire que la pertinence de son projet, comme toutes les bonnes idées, est tout simplement évidente. Affaire à suivre…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Tentés par l’expérience Garage 56 ? Rencontrez Sébastien Bianchi et son équipe au RemixJobs Day du 28 avril prochain, et faites peut-être partie de ses 5 premiers salariés ! Pour s’inscrire, c’est ici.

Sébastien Bianchi animera aussi, parallèlement au RemixJobs Day, une conférence tech sur Electron JS. Pour s’inscrire, c’est ici.

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  • http://nz.deray.fr/ cRiMi

    « Un sas entre l’école et l’emploi » : grande nouvelle, ça existe déjà et ça s’appelle l’alternance ! Les formations ingénieurs proposant de l’alternance sont encore rares mais allez voir l’employabilité de leurs élèves à la sortie. Imbatable !

  • Anthony Marais

    J’ai surtout l’impression que l’on forme des chefs de projets web dans ces écoles. Ils savent en parler, mais ils ne savent pas faire. Je suis moi-même fondateur d’une toute nouvelle école de développement web O’clock https://oclock.io qui place la pratique et l’autonomie au centre de l’apprentissage. D’autres le font très bien aussi comme la Wild Code School ou encore Simplon. Des écoles qui ont réussi à attirer des néophytes, désacraliser ce métier qui effraie et qui forment des techniciens opérationnels. Dès le premier jour de formation, l’étudiant n’en est plus un, il est un professionnel en plein processus d’acquisition du savoir-faire, et du savoir-être. Et ça change tout dans la manière d’aborder l’apprentissage.