3WAcademy
Posté par Marion Guillou | 1 année

Dans les coulisses de la Grande École du Numérique

Simplon, l'école 42, ou encore la 3WAcademy, n'ont pas attendu le gouvernement pour pallier la pénurie de développeurs que rencontre la FrenchTech. Quels sont donc les enjeux du label Grande École du Numérique ?

Quel est le point commun entre Xavier Niel, Erwan Kezzar, Frédéric Bardeau, et Djamchid Dalili ? Ils font partie de ces entrepreneurs qui ont mis sur pied, chacun à leur manière et à quelque mois d’intervalle, les formations prochainement labellisées Grande École du Numérique.

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Djmachid Dalili, a fondé la 3W Academy en 2012, suivi en 2013 par Erwan Kezzar et Frédéric Bardeau avec Simplon, et par l’école 42 de Xavier Niel. Tous sont partis d’un constat : la demande en développeurs ne cesse de croître dans l’Hexagone et dans le monde entier, dopée par la croissance de l’économie numérique, tandis que de nombreux jeunes et moins jeunes, défavorisés ou non, ne parviennent pas à trouver un emploi. Ils proposent des formations qualifiantes express (entre trois mois et deux ans), véritables portes d’entrée sur un monde du travail en pleine transformation.

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Qu’est-ce que la labellisation Grande École du Numérique va donc apporter à ces formations déjà populaires et efficaces ? La réponse est la même pour Erwan Kezzar et Djamchid Dalili : « la reconnaissance de l’employabilité de nos élèves, dans un pays où le diplôme prime encore sur les compétences ». Ce label, c’est le tampon d’approbation qui leur manquait pour enfin tendre des passerelles solides et durables entre leurs salles de classe et le monde de l’entreprise ; mais aussi pour mettre en place un système de bourses destiné aux plus démunis. Car, comme le rappelle Erwan Kezzar, « pour beaucoup, une formation gratuite, c’est encore trop cher : il faut bien se loger et se nourrir ». Djamchid Dalili espère, quant à lui, voir le système d’attribution des conventions de stage évoluer et s’adapter aux besoins des élèves de la Grande École du Numérique.

Les développeurs sortant de ces formations accélérées sont-ils vraiment efficaces ?

Les sirènes d’un accès à l’emploi rapide et facile peuvent-elles conduire à mettre des développeurs qui n’en auraient que le nom sur le marché ? Le développeur Kamil Lelonek pointait récemment dans un billet sur Medium (en anglais) les mauvaises raisons qui poussent aujourd’hui les développeurs en herbe à apprendre à coder – à savoir, l’argent facile et la garanti d’en emploi, rappelant que le métier ne se limite pas aligner du code en prenant modèle sur un tuto Youtube.

Chez Simplon, 42 et la 3W Academy, on s’attèle justement à apprendre à apprendre.

N’est-ce pas là le nerf de la guerre d’une carrière de développeur réussie ? Prenons l’exemple de Vincent Moulène, 28 ans, qui, après un BTS Promotion Immobilère, a décidé à changer de voie en se formant à la 3WAcademy. « J’ai choisi la formule standard de trois mois sur HTML, CSS, MySql, JavaScript, Jquerry, PHP et Symfony » explique-t-il. « Évidemment, ce n’est pas en quinze jours que l’on apprend un framework, il faut fournir un gros travail personnel en plus des cours, et ce sur plusieurs mois, pour acquérir des connaissances solides ». Et de poursuivre : « une fois la formation terminée, il faut réaliser un maximum de projets pour se constituer les références indispensables face à un employeur ». Aujourd’hui, Vincent est développeur junior dans une société de télécommunication en Suisse. Il espère se perfectionner pour, un jour, monter son propre projet.

Autre exemple, celui de Rodolphe Duvernal, 27 ans, formé en six mois à Simplon. « Quand je suis arrivé devant des employeurs après ma formation accélérée, ils étaient sceptiques sur mes compétences et se demandaient si j’étais vraiment opérationnel », se rappelle-t-il. « J’ai pris ça comme un challenge et comme une opportunité : c’était à moi de leur prouver qu’ils avaient tort ». Les formations Grande École du Numérique nécessitent un investissement considérable. Un investissement qui découragera forcément les candidats les moins motivés. « Il faut apprendre tellement de choses en si peu de temps qu’on est sur les rotules, même avec un bon entraînement », confie Rodolphe. Désormais en poste, il aspire à devenir chaque jour un meilleur développeur, et souhaite acquérir suffisamment d’expérience pour pouvoir prétendre à un poste de lead dev, ou d’architecte logiciel.

Un exemple pour le reste du monde

Rappelons également que de nombreuses PME et TPE en France ont aujourd’hui un retard considérable dans leur transition numérique. Elles ont grand besoin de profils type « couteau suisse », capables de les initier à l’informatique. Ce genre de poste ne risque pas de faire rêver un ingénieur, mais peut permettre à un développeur junior en mal d’expérience professionnelle de mettre le pied à l’étrier. Pour Erwan Kezzar, les formations Grande École du Numérique sont une solution réelle à la problématique du chômage en France. Sans compter que les élèves issus de ces formations peuvent apporter une vraie diversité de profils à un milieu dominé par de jeunes hommes blancs de la classe moyenne. « Je peux vous dire qu’à l’étranger, et tout particulièrement aux États-Unis, on s’intéresse de très près à ce que la France est entrain de mettre en place », affirme Erwan Kezzar.

Le dépôt des dossiers de candidature au label Grande École du Numérique s’est clos le 19 octobre dernier. Les formations labellisées devraient être connues le 25 novembre prochain. Dans le but de sensibiliser le fleuron de la FrenchTech aux enjeux de la Grande École du Numérique, Erwan Kezzar parrainera, le 26 novembre 2015, la dixième édition du RemixJobs Day à NUMA. On y retrouvera aussi Rodolphe Duvernal autour d’une conférence tech sur JavaScript.

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  • Anastasia Deruelle

    Etudiante a 42, je suis ravie d’être dans cette école et d’apprendre tous les jours des tonnes de choses !

  • Dali Constant

    Moi j’ai fait la 3W Academy et après 3 mois et 3000€ en moins j’ai appris que j’avais encore beaucoup à apprendre et surtout qu’ils vous vendent du rêve. Dans mon groupe de 15 personnes, personne n’a trouvé un poste. Il est impossible de devenir développeur en 3 mois. Leurs promesses sont mensongères. Leurs buts c’est de prendre le plus d’argent possible en peu de temps. Bientôt ils arriveront à vous faire croire qu’on peut devenir astronaute en 3 semaines. Sauf que ce n’est pas vraiment drôle d’abuser des personnes qui cherchent à construire leur avenir et de se remplir les poches sur leurs dos :( Comment est-ce que le monde de la formation peut laissée passer des escroqueries pareilles?