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Posté par Marion Guillou | 11 mois

C’est comment d’être développeur à Nantes ?

Ils ont 33 ans, sont développeurs à Nantes, et s'investissent à fond dans le développement de l'écosystème tech de leur ville. Interview croisée de Jean-François Garreau et de Cécilia Bossard.

Nantes est l’une des neuf premières métropoles françaises à avoir été labellisée « FrenchTech » en novembre 2014, grâce à son écosystème actif, soutenu par un bassin historique de grands comptes (Orange, La Poste, Bouygues), et par un important vivier de start-up web.

La ville accueille également de nombreux événements tech à la renommée nationale, comme le DevFest Nantes (en novembre), le Web2Day (en juin), ou encore la première édition nantaise du RemixJobs Day, l’événement de recrutement spécialiste des métiers du numérique (le 7 juin prochain, pour s’inscrire, c’est ici). On y trouve aussi une vie associative tech très dynamique. Afin d’en savoir plus sur la vie quotidienne des développeurs nantais, DevMag a interviewé Cécilia Bossard et Jean-François Garreau, membres actifs de l’écosystème local.

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Cécilia Bossard et Jean-François Garreau © DR

DevMag : Quels sont vos postes ? Et vos langages de prédilection ?

Cécilia : Je suis consultante dans un petit cabinet de conseil. Mon travail consiste essentiellement à développer en Java et à accompagner des équipes dans leurs transitions vers l’agilité. Pourquoi Java ? Un peu par hasard en fait. Ma première mission nécessitait l’utilisation de ce langage, et je ne l’ai plus quitté depuis… même si je lui ai fait quelques infidélités en regardant aussi du côté de Ruby et de Rails, de Groovy et un peu de JavaScript.

Jean-François : Je suis dévelopeur sénior en innovation, avec une prédilection pour JavaScript et Java. JavaScript parce que c’est le langage du web et que je suis fan de développement web ; et Java car je l’utilise depuis mes débuts et que je continue à bosser sur Android.

On trouve beaucoup de SSII à Nantes. Elles ont généralement très mauvaise réputation auprès des dev, est-ce le cas ici aussi ? 

Cécilia : De mon point de vue, les SSII n’ont pas particulièrement bonne réputation à Nantes non plus, et ce pour les mêmes raisons qu’ailleurs : manque de considération des développeurs, manque d’intérêt pour la qualité au profit de la quantité et du coût, etc. Très peu de SSII s’intéressent au bien-être de leurs « ressources » en mission.

Jean-François : Tout dépend des SSII – que j’appelle plutôt des ESN (Entreprise de Services du Numérique, ndlr) : SQLI, par exemple, arrive à proposer des choses qui sortent du lot. Un cinquième du temps de travail est ainsi consacré à la veille, ce qui est globalement un bon compromis. Sinon, la mauvaise réputation des ESN est due ici aussi aux environnements de travail pas toujours super fun…

L’écosystème nantais est très actif, à quoi cela est-il dû ?

Cécilia : Je pense que la Cantine joue un rôle important. C’est un lieu d’accueil pour les communautés, qui peuvent s’y rencontrer et monter de beaux projets.

Jean-François : C’est dû à la volonté des acteurs locaux de faire bouger les choses. Sur Nantes, le mouvement Nantes Tech est très suivi et a créé beaucoup d’émulation ! Et puis, les associations phares de Nantes comme Atlantic 2, ou encore le GDG Nantes avec le DevFest, renforcent ce dynamisme.

Ce qui est bien à Nantes, c’est qu’on sent que pour les pouvoirs publics, le numérique est quelque chose d’important à préserver et à développer.

Jean-François, tu es toi-même très investi dans la communauté tech nantaise… 

Jean-François : Oui, car c’est une manière pour moi de faire de la veille, de partager mes connaissances, et d’aider l’écosystème nantais à être la page. Si Nantes est au courant des dernières innovations, on pourra plus facilement trouver des boîtes ou des missions où les utiliser ! 

Parle-nous des différents projets dans lesquels tu es impliqué.

Jean-françois : Le plus important pour moi, c’est sans doute le DevFest Nantes – un événement à destination des développeurs qui propose des conférences et des ateliers – car c’est un projet qui me tient en haleine dix mois par an. Cette année, il va se tenir sur deux jours à la Cité des Congrès de Nantes, et nous espérons franchir la barre des 1 000 participants. On travaille énormément pour proposer un événement de qualité professionnelle à un prix défiant toute concurrence : 70 euros pour les deux jours, 40 euros la journée, et 10 euros pour les tarifs réduits (étudiants, chômeurs, etc.).

Je suis aussi cofondateur de Nantes Wit : un groupe dédié aux femmes dans le numérique, tout particulièrement aux femmes qui codent. La vocation de Nantes Wit est de faire la promotion de la technique auprès des femmes, car l’informatique manque cruellement de profils féminins ! Enfin, aidé d’une petite équipe, j’ai importé le concept Devoxx4kids à Nantes. Aujourd’hui, je ne suis plus organisateur mais simple bénévole, même si je continue à croire en l’enseignement précoce de l’informatique ! Je préfère consacrer mon énergie au DevFest, à ma famille, ainsi qu’à tous mes sides projects… 

Cécilia, tu fais partie justement partie de Nantes Wit, dont tu es membre fondatrice. Qu’est-ce qui te plaît dans cette communauté ?

Cécilia : Le but de Nantes Wit est avant tout de fédérer les femmes dans l’IT, de montrer qu’elles existent, et qu’elles peut faire des choses vraiment chouettes. La communauté a aussi un rôle de soutien envers celles qui seraient en difficulté.

Tous les ans, nous organisons, en partenariat avec le GDG, une soirée « Women TechMakers » avec uniquement des speakeuses, afin de montrer qu’il existe des expertEs en technique. Pour promouvoir le rôle des femmes, nous sommes aussi impliquées auprès des plus jeunes à travers Devoxx4kids ou bien les « coding goûters ». Il est important de montrer aux filles que l’informatique n’est pas réservée aux garçons !

Connais-tu les Duchess, une communauté à la vocation relativement similaire ?

Cécilia : Oui, très bien. J’en fais même partie ! Avec les WIT, nous avions tout d’abord songé à nous affilier aux Duchess, mais le mot « Duchess » est déjà pas mal prisé à Nantes : c’est le nom des clubs de cheerleading et de roller derby locaux, entre autres. Même si nous n’avons pas pris le même nom, nos actions restent tout de même très proches de celles des Duchess !

Quels sont, selon vous, les points forts de l’écosystème tech nantais ?

Cécilia : Sa diversité. Quasiment toutes les technos ont un meet-up nantais !

Jean-François : La scène nantaise bénéficie d’un agenda bien suivi avec trois temps forts : le Web2Day et le Tech2Day en juin, la Nantes Digital Week en septembre, et le DevFest Nantes en novembre. La multiplication des start-up favorise aussi beaucoup le dynamisme de cet écosystème.

Et ses points faibles ?

Cécilia : Sa diversité… trop de meet-up !

Jean-François : Points quoi ?

Que conseillez-vous à nos lecteurs qui souhaiteraient se rapprocher des communautés tech nantaises ?

Cécilia : N’hésitez pas à rejoindre la mailing list de Nantes Wit (nantes-wit@googlegroups.com), ni à venir nous rencontrer lors de nos (trop rares) déjeuners ! Je rappelle que le groupe est totalement mixte. Les hommes sont les bienvenus !

Jean-François : Je ne conseillerais pas un meet-up plutôt qu’un autre, car chaque meet-up sur Nantes a sa place et son secteur. Aujourd’hui, Nantes propose du contenu intéressant pour les dev quasiment tous les soirs et, globalement, il y a moyen de trouver chaussure à son pied.

Suivre Jean-François Garreau et Cécilia Bossard sur Twitter

Vous cherchez un job sur Nantes ? Rendez-vous le 7 juin prochain au RemixJobs Day Spécial Nantes, organisé en partenariat avec Atlantic 2.0.  De 13h à 18h30, le meilleur des sociétés tech de la région nantaise – iAdvize, Lengow, Akeneo, ou encore La Fourchette – recruteront des candidats au profil développement, design, réseaux, système, exploitation, commerciaux, marketing, gestion de projet, management, et data ! Pour s’inscrire (gratuitement), c’est ici